Peindre un oeil imaginaire – 1

Cet article est postérieur au piratage de ce site. Il n’était donc pas archivé… C’est pourquoi je le publie… à nouveau !

J’ai réalisé, il y a peu de temps, une  – vraiment – très brève vidéo. Je précise qu’il s’agit d’une démonstration inachevée, et sans aucun commentaire, d’une peinture numérique sur une tablette. La peinture représente un oeil, réalisé sans modèle, donc imaginaire. L’un des buts était aussi de tester une application…(;-{D}

Peindre un oeil d’imagination !

Peindre un oeil d’imagination, vidéo réalisé par Richard Martens

Cette peinture est donc une peinture numérique. Et l’une de mes premières peintures numériques.

Pourquoi une peinture numérique alors que je connais, pratique et enseigne les méthodes traditionnelles ? Simplement parce que je continue d’apprendre… En ce moment, j’étudie le montage vidéo. Ainsi que le dessin et la peinture numérique. Ce qui ne m’empêche pas de redoubler d’activité dans le domaine du dessin et du croquis, comme je l’explique dans mes blogues :

https://dessin-cerveau droit.fr, où je parle de dessins sur Post-it ;

https://richard-martens-peintre-illustrateur.com, où j’explique que je dessine beaucoup devant la télévision…

 

Comment ai-je réalisé cette brève vidéo ?

Pictogramme "Loupe" par Richard Martens.Cette vidéo a été réalisée en trois étapes. Et j’ai dessiné avec une tablette… L’avantage est de pouvoir grossir l’image, sans se « fatiguer » les yeux.

 

Première étape : la peinture numérique

Tout d’abord, Et connaître les outils traditionnels me permet de voir — et de savoir — comment les outils numériques, s’ils « imitent » bien les outils traditionnels, sont censés réagir ! Et l’application réagit bien par rapport à la réalité…
J’ai fait des photos d’écran au fur et à mesure.

Deuxième étape : le diaporama

Puis j’ai conçu cette brève vidéo, avec un logiciel qui permet de générer des diaporamas. Cela me permet de jouer avec le temps et le fondu enchaîné des images. Puis j’ai exporté le fichier pour obtenir un film.

Troisième & dernière étape : le montage final

Enfin j’ai fait le montage final avec un troisième logiciel…

 

Une prochaine vidéo ?

Un prochain jour, je filmerai, en prise de vue directe, le dessin ou la peinture d’un oeil observé. Ce ne sera pas pour tout de suite, car j’ai déjà une autre vidéo sur une peinture d’un oeil imaginaire assez avancée, avec des explications théoriques. Ce qui n’est pas le cas ici… (:-{D}

Libre à vous de commenter ici, ou sur ma chaîne YouTube…

Richard Martens (:-{D}

Texte version 2.0, pour cause de « post-piratage »…

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3 genres en dessin et peinture

Lors de la première publication de cet article, l’an passé, en 2016, après un « sévère piratage », j’écrivais :
Après une longue pause¹, je reprends la rédaction d’articles sur mes blogs…
Ayant vécu certaines expériences, dans ma vie personnelle et professionnelle, quelquefois amères, voire douloureuses, et parfois inattendues, je reprends le clavier² pour exprimer quelques réflexions théoriques, avant de revenir aux bases du dessin et de la couleur…
Quand on aborde le dessin — et la peinture — il est possible de voir qu’il existe des genres… Des catégories, des tendances ? Difficile de trouver le mot juste… Je m’explique :

    •    Le dessin, la peinture, la sculpture peuvent être le fruit de l’observation ou de l’imagination. Et parfois un mélange des deux…
    •    Le dessin, la peinture, la sculpture peuvent être figuratif ou abstrait…
    •    Le dessin, la peinture, la sculpture peuvent exprimer un ressenti ou un concept…
Enfin chacune de ces catégories peut se “mêler” à une autre, car c’est le choix de l’artiste ! Et les principes que j’expose ne sont que des concepts pour clarifier la pensée, et peut-être pour décider chacun(e) à faire ses choix… Ou pas !

Trois genres pratiqués en dessin et en peinture : conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.
Trois genres pratiqués en dessin et en peinture : conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.

 

Dessin d’observation ou dessin d’imagination ?

Un des genres pratiqués en dessin et en peinture : dessin d'observation ou dessin d'imagination. Conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.
Un des genres pratiqués en dessin et en peinture : dessin d’observation ou dessin d’imagination. Conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.

Le dessin, la peinture, la sculpture peuvent s’appuyer sur l’observation de la réalité. Cela s’est pratiqué pendant des siècles…
L’histoire de l’art regorge d’exemples… Avec des portraits, des scènes de genres, des natures mortes…
Et pourtant, une partie des oeuvres d’art relèvent de l’imagination de l’artiste. Tout en se référant à la réalité. Car parfois l’artiste prend des libertés avec la réalité observée. Les Égyptiens, par exemple, en peinture murale, veillaient a maintenir le “plat” du mur en “écrasant”, en “aplatissant” le sujet représenté, probablement afin de maintenir le sentiment d’un mur. Qu’est ce qui me fait écrire cela ? Tout simplement parce que les statues Égyptiennes sont très réalistes. Pourquoi les artistes arriveraient à rendre le réalisme en volume, en trois dimensions, en “3D”, comme on dit maintenant, et en seraient incapable en peinture, en “2D” ? Probablement parce qu’il s’agit d’une volonté des artistes. En effet, cela me semble prouver une volonté de peintre “plat”, avec les pieds, et les têtes de profils, par exemples, et les épaules et les yeux de face, etc.

 

Dessin figuratif ou dessin abstrait ?

Un des genres pratiqués en dessin et en peinture : dessin figuratif ou dessin abstrait. Conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.
Un des genres pratiqués en dessin et en peinture : dessin figuratif ou dessin abstrait. Conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.

Pendant des siècles, la représentation occidentale, africaine, orientale a — souvent — été figurative.
A partir du début du XXe siècle, en occident, la peinture, et le dessin, ont commencé de cesser de représenter une réalité observable. Soit il s’agissait d’une interprétation abstrait de la réalité, soit il s’agissait d’une création purement et simplement. Qu’elle soit gestuelle, ou qu’elle veuille exprimer une émotion…
Cependant l’expression artistique abstraite n’est pas nouvelle. J’ai bien précisé, ci-dessus : “souvent”, et “en occident”. Car, parfois par choix artistique — et souvent décoratif —, soit par choix religieux, le dessin ou la peinture abstraite étaient rois… Il nous suffit de voir les frises grecques, et les magnifiques mosaïques, et autres peintures de l’art musulman…
Là encore, il s’agit d’un choix, qu’il soit religieux ou pas… Et ce choix est respectable ! Pour le reste, tout n’est qu’affaire de goût…

 

Dessin ressenti ou dessin conceptuel ?

Un des genres pratiqués en dessin et en peinture : dessin ressenti ou dessin conceptuel. Conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.
Un des genres pratiqués en dessin et en peinture : dessin ressenti ou dessin conceptuel. Conception et réalisation de ce schéma par Richard Martens.

J’ai placé, pour cette troisième catégorie, les notions de ressenti et de conceptuel.
Par ressenti, j’entends les émotions — joie, peur, colère, tristesse par exemple —, et aussi les ressentis…
Et là encore, l’histoire de l’art occidental montre très souvent les émotions de l’artiste. Que ce soit à travers le “Grand genre” en peinture — portrait, scène historique, scène religieuse, scène mythologique — aussi bien que dans le “Petit genre” — nature morte, scènes anecdotiques, paysage…
Car il me semble difficile de rester insensible face à une personne, un paysage, une nature morte… Et le propre de l’artiste consiste à exprimer ce qu’il ressent. Les mots “exprimer”, “expression” sont, étymologiquement parlant, très clairs, car la racine des mots — ici “primer” et “pression” est claire. Et le préfixe “ex”, signifie “sortir”, “mettre au dehors”… Une émotion est un stress, positif ou négatif, agréable ou désagréable, qui ne demande qu’à sortir ! sous la forme d’un croquis, d’un dessin, d’une peinture. Et aussi d’une musique, d’un écrit… Et également d’une interprétation théâtrale, musicale !
Quand au dessin (ou à la peinture) conceptuel, il s’agit bien d’une pensée, d’une démarche intellectuelle. Essentiellement développée à partir du XXe siècle…

 

Qu’est-ce que l’art ? Un partage d’émotion ?

Pictogramme "Sablier" par Richard Martens.Ce qui suit n’implique que moi… Au XXe siècle et maintenant, beaucoup de personnes s’expriment via ce qu’on nomme “art moderne”. Et que je nomme “expression plastique contemporaine”, car il peut y avoir une certaine beauté, voire une beauté certaine dans certaines oeuvres.
Cependant — parfois — est-ce encore de l’art ? Car depuis la nuit des temps, dans tous les pays, à ma connaissance (et cela n’engage que moi), ce que véhicule l’art, pour moi… C’est l’émotion !

Pictogramme "coeur" par Richard Martens.L’émotion transmise à travers l’art du conte, par le conteur, et de nos jours l’art du spectacle — théâtre, chanson, musique, cinéma… —, et aussi la littérature, la musique, la peinture…
D’où ma question : si l’expression est conceptuelle, et n’éveille — chez moi — aucun ressenti, plutôt que de dire “c’est moche”, je préfère dire “je n’aime pas”, ou mieux : “cela n’éveille rien chez moi”. Donc — pour moi — cela relève d’une expression conceptuelle.
Cependant, je reste lucide… Il est possible que cela éveille une émotion chez quelqu’un d’autre… Que cela fasse écho chez un(e) spectatrice/teur…
Car comme le dit l’expression : « Les goûts et les couleurs… »

(:-{D} Richard Martens

Texte version 2.0, pour cause de « post-piratage »…

•    Pour m’écrire en privé : menu ci-dessus “Informations”, puis > “Me contacter ?”
•    Pour un commentaire : tout en bas de chaque article.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Quel est votre point de vue ? Merci de prendre, maintenant, le temps de me l’écrire ci-dessous…


Notes

  1. Ce blogue a subi un piratage que je digère à peine… Comme je l’ai écrit ailleurs, des “hackeurs/hackeuses” agissent de façon irrespectueuses en venant saboter, voire détruire le travail d’autrui. En s’introduisant comme des voleurs. Et en abîmant, comme des vandales… A cela s’ajoute, pour le moment, une impossibilité à voir un article avec des accents… Il me reste à contacter un programmeur pour finir de nettoyer les dégâts occasionnés…
  2. J’ai failli écrire “…prendre la plume”, selon l’expression consacrée. Aussi ai-je renoncé à ce cliché… Faux, à notre époque, pour moi ! (;-{D}

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Etapes d’illustration : La Bosse du crime-Video

Il y a quelque temps, j’ai publié deux articles, titrés « Etapes d’illustration de la Bosse du crime-1« 1, puis « Etapes d’illustration de la bosse du crime-2« 2. Cela m’a permis de commenter les étapes de la réalisation de cette peinture. Et puis je me suis demandé si cela montrait bien le déroulement des étapes. Ma réflexion a été de me dire que ce qui permet le meilleur « déroulé », c’était peut-être une vidéo. C’est pourquoi, à la fin de l’année 2016, j’ai réalisé et posté une vidéo sur ce thème sur YouTube

 

Voir les étapes d’une illustration, commentées de vive voix

Pictogramme "Oeil" par Richard Martens.J’ai donc montré les étapes, en faisant un commentaire en voix « off ». C’est-à-dire sans que je paraisse à l’écran. Je vois beaucoup de vidéos, y compris des tutoriels, voire des cours vendus en vidéo, où l’auteur parait. Et parfois, il n’y a rien à voir ! L’auteur est présent à l’écran, et parle ! Et – parfois – cela dure… Aussi ai-je décidé que je montrerai ma photo au début et à la fin. Et le reste du temps de la vidéo, je veux montrer des images ! Montrer des étapes ! Ou faire des démonstrations ! Et dans ce cas, avec un cadrage serré, seule ma main peut apparaître. Montrer ma tête me semble inintéressant… ! Bref donner à voir ! Et non pas faire de la radio filmée…

 

Une vidéo avec des sous-titres

Pictogramme "Plume métallique" par Richard Martens.En plus de la voix « off », j’ai aussi opté pour mettre des commentaires écris, voire parfois des sous-titres. Certaines personnes pourraient se dire que c’est redondant,puisqu’il y a déjà une voix « off »…

D’autant que cela représente un supplément de travail : choix de la police de caractères, couleurs et « taille » (le corps) de la police… Le placement sur l’écran, pour ne pas nuire à l’image. Puis taper le texte…

L’avantage – et l’inconvénient – d’une vidéo commentée en voix « off », c’est que si des personnes sont sourdes ou malentendantes, elles perdent les commentaires ! C’est pourquoi j’ai décidé que je ferai des sous-titres. J’ai donc acheté l’extension qui m’a semblé la plus performante. Et j’ai sous-titré…

 

Toutes les étapes réunies chronologiquement à la fin de la vidéo

Pictogramme "Puzzle" par Richard Martens.A la fin de la vidéo, j’ai réuni toutes les étapes, montrées dans les deux articles sur un même écran, côte à côte. Et je les ai « alignées », dans l’ordre chronologique. Ce que je n’avais pas pensé à faire lors de la publication des articles…

Pour les personnes qui ne l’ont pas encore vu sur ma chaîne YouTube3, voici donc cette vidéo :

 

Que pensez vous de cette Vidéo ? Avez-vous une meilleure vision des étapes d’une illustration ? Merci de commenter, ci-dessous…

Richard Martens (;-{D}

Texte version 1.0


Note

Comme d’habitude, voici les liens de l’article, au cas où ils seraient brisés dans le corps de l’article… Si c’est le cas, il vous suffit de faire un copier-coller de l’un des liens ci-dessous, et de le coller dans la barre de votre navigateur…

  1. Etapes d’illustration de la Bosse du crime-1 : https://apprenons-dessin-et-peinture.fr/etapes-illustration-de-la-bosse-du-crime-1/
  2. Etapes d’illustration de la bosse du crime-2″ : https://apprenons-dessin-et-peinture.fr/etapes-illustration-de-la-bosse-du-crime-2/
  3. Ma chaîne YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCxK7SDFnIL3bNryhWMoySHg

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4 etapes pour illustrer une couverture : Folies de Flic 1

Avertissement !

J’ai fini de replacer une par une l’intégralité des images de ce blogue, qui a été « hacké »/piraté…

Dans cet article en deux parties et 4 étapes, je vous propose de voir les 4 étapes d’une illustration que j’ai réalisée en 1986. Il s’agit de la couverture du roman policier “Folies de flic”, de Georges Patrick, nº 2053, paru dans la collection Série noire1, chez Gallimard. En passant, mes brèves recherches m’ont permis d’apprendre que Georges Patrick est le pseudonyme de Patrick Pesnot2

De mémoire, ce livre aurait fait l’objet, de deux adaptations télévisuelles. L’une est bien référencée, pour un téléfilm de la série “Navarro”, l’épisode 1 de la première saison3, en 1989, et titré simplement… “Folies de flics” ! Quant à l’autre, soit j’ai rêvé, soit je n’ai pas réussi à retrouver la référence… Peut importe…

Dans la première partie, étape 1, les recherches d’idées ! Je vous montre une façon de concevoir une couverture, avec un remue-méninges préalable et des recherches, sous forme de croquis aux feutres…

Dans la deuxième partie, étape 2, je vous montrerai le dessin final, avec le report au calque.

Suivi de l’étape 3, la peinture, au pinceau et à l’aérographe (sorte de peinture au pistolet miniature), à l’acrylique. Donc une reproduction de l’original.

Et l’étape 4, qui ne dépend plus de moi, c’est le tirage… C’est-à-dire la reproduction de la couverture imprimée…

 

Etape 1 – les recherches

Les recherches peuvent être écrites ou dessinées. Et pour trouver des idées, il existe diverses méthodes, comme le remue-méninges, la matrice de découverte, la “bissociation” (association de deux éléments), les associations forcées aléatoires, etc.

Pour l’illustration, l’objectif final est un dessin ou une peinture ! Donc il est assez vite nécessaire de faire des croquis. Ce qu’on nomme aussi des esquisses, des pochades, etc.

Voyons cela en détail…

 

Remue-méninges ou brainstorming ?

Remue-méninges ("brainstorming") de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic ».
Remue-méninges (« brainstorming ») de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic ».

Pendant un remue-méninges4 (un “brainstorming5” en Anglais), l’un des quatre principes6, peut-être le plus important, est : aucune critique… Et donc aucune auto-critique !

Pendant, et après la lecture du tapuscrit7 du livre, je commence par noter les mots-clés, ou tout ce que la lecture m’évoque. Cela implique donc de simples mots, des noms communs comme ici :

  • papier, qui évoque la fragilité ;
  • médaille, qu’on remet en récompense ;
  • tricolore, les couleurs du drapeau Français, sur les cartes d’identité des policiers ;
  • cocarde, même principe que ci-dessus pour les policiers ;
  • képi des policiers, victimes ;
  • cible(s), que sont les policiers, victime du tueur ;
  • menottes, qui symbolisent la Police…

Cela peut aussi être des adjectifs comme :

  • troué, comme sur une cible usagée ;
  • déchiré, qui connote la fragilité ;
  • brûlé, pour la fragilité, voire la “brûlure” d’une balle ;

Cela peut aussi être des groupes de mots existants, ou que je crée en associant deux ou plusieurs mots évocateurs :

  • papier-cible, car le tueur vise bien et tue ;
  • papier déchiré, car l’aspect “déchiré” évoque la douleur ;
  • papier troué, comme un impact de balle ;
  • papier brûlé, qui peut évoquer la destruction violente…

Bien sûr, cela peut aussi être le titre d’un film, le nom d’un tableau, une expression… Ici, cela m’a évoqué la “théorie des dominos”, comme vous pouvez le lire sur mes brèves notes ci-dessus…

 

Théorie des dominos, comme idée ?

Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée de la théorie des dominos.
Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic », sur l’idée de la théorie des dominos.

Pour cette esquisse en couleurs (ou “rough” en Franglais8), et les suivantes, je les ai réalisées rapidement à l’aide de feutres (des “markers” en Franglais). En principe, j’utilise un papier spécial, dédié à l’utilisation des feutres : du papier pour feutres, nommé “lay-out” en Anglais.

Ce papier présente deux avantages :

  • d’une part, ce papier serait très chargé en colle. Ainsi il ne “transpire” pas. Donc la feuille suivante, en dessous, n’est pas salie par l’encre qui “passerait” au travers de la feuille supérieure ;
  • d’autre part, il n’agit pas comme une « éponge ». Car un papier ordinaire absorbe beaucoup d’encre, et « use » vite les feutres !

Je crois me souvenir que pour ces croquis, j’ai peut-être utilisé un simple papier machine, qui est très “gourmand” en encre de feutres, car il absorbe beaucoup l’encre, presque comme un papier buvard…

je suis parti sur la théorie des dominos, car le tueur en série (“serial killer“ en… Anglais !) va enchaîner les assassinats…

Plus tard, j’ai pensé qu’il y avait le risque que cela ne soit pas compréhensible… Mais pour l’instant, je suis à l’étape des recherches d’idées. Donc aucune auto-critique…

 

Cible en forme de silhouette ?

Pochade ("Rough") de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée d'une balle en plein coeur.
Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic », sur l’idée d’une balle en plein coeur.

Puis, j’ai pensé à une cible en forme de silhouette de tir. De ces cibles qui ont la silhouette, le contour d’une personne.

Et j’ai croqué, très vite cela. Une silhouette noire… Je ne sais pas pourquoi j’ai placé deux séries de cercles concentriques.

Plus tard, j’ai éliminé cette idée, car trop banale, bien que très graphique.

En effet, une bonne silhouette, bien dessinée peut être très efficace en matière de lecture, de communication visuelle ! Beaucoup d’auteurs de livres sur le dessin, la bande dessinée, le dessin animé, conseillent de penser en silhouette très lisible lors de la conception d’une image. Si la silhouette est lisible, le dessin aura toutes “les chances” d’être bon, efficace… Preston Blair, par exemple, qui est un Maître et un modèle en dessin animé, le conseille dans les “Walter Foster book”…

 

Cible en forme de coeur tricolore troué ?

Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée d'une balle au centre d'une cible en forme de coeur.
Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic », sur l’idée d’une balle au centre d’une cible en forme de coeur.

J’ai ensuite pensé aux trois couleurs du drapeau Français. Car ce sont aussi les trois couleurs  qu’on peut le voir sur les cartes nationales d’identité des policiers, et aussi des journalistes d’ailleurs…

En passant, on peut noter que ce sont aussi les couleurs de la Grande-Bretagne (United Kingdom) et des USA (United States of America). D’où les couleurs du costume de Captain America, bien sûr…

Et j’ai imaginé que le centre de la cible, son cœur, soit… Un cœur !

Et bien sûr en rouge ! Pourquoi en rouge ? Pour deux raisons :

  1. en allant de l’extérieur à l’intérieur, on va du bleu au rouge en passant par le blanc (drapeau bleu, blanc rouge).
  2. de plus, mettre le cœur en bleu pouvait connoter l’ancienne noblesse, dont on parlait en disant « être de sang bleu ».

 

Vu dans le viseur d’un tireur d’élite une cible tricolore avec au centre un coeur troué ?

Pochade ("Rough") de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée d'une cible.Pour l’idée suivante, j’ai repris les trois mêmes couleurs pour les mêmes raisons que ci-dessus, en supprimant l’effet de relief du coeur. Et en ajoutant l’effet, parfois utilisé au cinéma ou à la télévision… Celui du viseur des tireurs d’élite (“snippers” en Anglais), policiers, tueurs à gages, etc.

Et j’ai redonné aux contours extérieurs de la cible la forme de cercles concentriques.

Plus tard, j’ai finalement abandonné cette idée, car peut-être déjà trop vue, et peut-être pas assez “illustrative” et trop graphique, comme peut l’être un logotype (logo en argot professionnel).

Et j’ai décidé de revenir à la notion de silhouette. Car dans la phase créative de recherches d’idées, il est toujours possible d’explorer diverses voies, et d’y revenir, si on le souhaite, ou si votre intuition vous y invite…

 

Cibles trouées avec carte d’identité de policiers ?

Pochade ("Rough") de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée d'une balle en pleine tête d'une série de cible, silhouette humaine, portant une carte d'identité de policier.Cette fois, j’ai rendu les silhouettes très “graphiques”, dans l’esprit des pictogrammes qui nous indiquent où sont les toilettes, les “W.C.”. De ces silhouette avec un cercle pour la tête, et des formes très géométriques…

Et j’ai “collé”, sur la zone qui représente le buste,ce que j’imagine être une “Carte Nationale d’Identité de Policier”. Je me suis inspiré de la “Carte Nationale d’Identité des Journalistes”…

Comment est-ce que je connais cette carte ? Celle des journalistes ? Tout simplement parce que je l’ai obtenue, année après année (elle est annuelle, via son timbre) pendant presque 20 ans, ce serait bête de “gâcher”, non ? D’autant que dans les deux cas, il s’agit d’une carte officielle… Pour les journalistes, son obtention relève du Code du travail me semble t-il ? A moins que ce ne soit du Code civil ? Je ne sais plus…

 

Cibles en forme de silhouettes blanches trouées et en éventail ?

Pochade ("Rough") de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée d'une balle en pleine tête d'une cible, silhouette humaine.
Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic », sur l’idée d’une balle en pleine tête d’une cible, silhouette humaine.

Pour cette idée, j’ai opté pour la couleur des cibles des fêtes foraines : dominante blanche – ou presque – et quelques cercles rouges concentriques. Et au centre, un cercle plein, en rouge

Comme il y a plusieurs morts dans ce récit, j’ai décidé de mettre plusieurs cibles découpées en forme de silhouettes stylisée.

Et j’ai décalé en éventail chacune des cibles, car c’est tout à la fois plus visuel, et plus graphique !

Enfin j’ai placé un impact de balle dans chacune des têtes, avec un trou un peu “rongé” et brûlé sur son pourtour…

Cette idée me plaisait bien. Aussi ai-je décidé de faire des variantes…

 

Personnage en aplat découpé qui chute avec cible trouée ?

Pochade ("Rough") de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée d'une balle en plein coeur-cible d'une silhouette humaine qui chute.
Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic », sur l’idée d’une balle en plein coeur-cible d’une silhouette humaine qui chute.

J’ai aussi eu envie de jouer sur une forme qui évoque le papier découpé, ou le carton. Un peu blanc cassé, comme ces cible des fêtes foraines, en carton carré. Sauf que là, j’ai voulu que la cible ait la silhouette d’un homme en train de chuter. De tomber en arrière, avec le visage en contre-plongée…

Pour information (ou pour mémoire), les couvertures de la collection sont à fond noir. Et l’image est inscrite dans un cercle de 7 cm de diamètre. Comme le cercle, entouré de noir peut suggérer un projecteur, qu’on appelle une “poursuite” au théâtre, j’ai décidé d’en jouer…

Afin de suggérer un effet de relief, j’ai mis du noir derrière la silhouette, afin, là aussi, de dramatiser ! Dans le même esprit que la chute du personnage-cible…

 

Cibles trouées sur des personnages découpés qui chutent en sortant de cartes en éventail ?

Pochade ("Rough") de Richard Martens pour le livre "Folies de Flic", sur l'idée d'une balle en plein coeur-cible d'une silhouette humaine, sortant d'une carte à jouer, qui chute…
Pochade (« Rough ») de Richard Martens pour le livre « Folies de Flic », sur l’idée d’une balle en plein coeur-cible d’une silhouette humaine, sortant d’une carte à jouer, qui chute…

Quant à cette idée, c’est la même que la précédente, en ajoutant d’autres cibles, car il y a plusieurs morts…

Donc d’autres cibles… Et autant que faire se peut, qu’elles soient identiques, pour éviter de générer la confusion. Cela renforce l’effet, hélas répétitif, du tueur !

Et j’ai continué de renforcer cette idée de relief, de 3e dimension, avec un effet d’ombre portée de chaque forme sur la carte suivante.

Et j’ai voulu que les bras dépassent, semblant sortir de chaque carte. Cela permet d’avoir une silhouette beaucoup plus intéressante !

Après réflexions – plusieurs réflexions ! – j’ai fini par prendre une décision… J’ai retenu une idée pour passer à la mise en forme définitive…

Et je suis passé à l’étape 2 : le dessin final, sur calque. Ce que nous allons voir dans le prochain article.

À suivre…

 

Avez-vous aimé cet article ? Merci de me le faire savoir en commentaire ci-dessous. Et si je n’ai pas été assez explicite, merci de me poser des questions en commentaire…

Richard Martens

Texte version 2.0 (post-piratage)


Notes

Comme d’habitude, voici les liens de l’article, au cas où l’un d’eux serait brisé dans le corps de l’article… Si c’est le cas, il vous suffit de faire un copier-coller d’un lien ci-dessous, et de le coller dans la barre de votre navigateur…

  1. Collection “Série noire”, aux éditions Gallimard : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Serie-Noire
  2. Georges Patrick est le pseudonyme de Patrick Pesnot : https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Pesnot
  3. Série “Navarro”, épisode 1 de la première saison, “Folies de flic” : https://fr.wikipedia.org/wiki/Navarro
  4. “Remue-méninges” a été proposé en lieu et place du mot Anglais “brainstorming” : https://fr.wiktionary.org/wiki/remue-m%C3%A9ninges
  5. Brainstorming, un article de Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Brainstorming
  6. Quatre principes en remue-méninges, qui découlent de deux principes de base (qui sont d’arrêter de juger & de chercher beaucoup d’idées)  : 1. – Aucune critique ; 2. — Un maximum d’idées ; 3. – Ce qui es farfelu est accepté ; 4. – Rebondir, associer, adapter à partir des idées d’autrui est souhaité.
  7. Tapuscrit : texte dactylographié ou tapé à l’aide d’un ordinateur.
  8. Franglais, un article sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Franglais

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Comment illustrer un roman policier ? – 2

Voici donc la suite de l’article sur une utilisation de photos Polaroïd1, en manière de documentation, pour réaliser la couverture d’un roman policier de Frank Parrish, “La mouche et l’araignée”. Je rappelle que ce roman est paru chez Gallimard, dans la mythique collection Série noire1, en 1987.

Et tout d’abord, pourquoi utiliser une ou des photos pour peindre une illustration ?

 

Pourquoi des photos ?

De ce fait, comme je l’ai écrit dans l’article précédent, l’auteur peut prendre une pose précise (ou la chercher…), qui lui semble correspondre à ce qu’il veut.

 

Prendre la pose et l’assistant croque

Hergé, père de Tintin et Milou, avait des assistants, des collaborateurs, dont certains sont connus, comme Edgar P. Jacob, Jacques Martin, etc. Et sont donc de très bons, voire d’excellents dessinateurs. Ce sont donc eux qui dessinaient Hergé quand il prenait la pose… Qui le croquait ! Qui réalisaient donc un croquis…

Pas d’assistant ? Reste la photo, le “modèle du pauvre” !

Quand on pratique le dessin réaliste (BD, illustration…), et qu’on n’a pas de collaborateur, de stagiaire, d’assistant pour faire un dessin ou un croquis de la pose, il reste la photo pour avoir une base, une trace.

 

Trois sources de photos

Car, comme illustrateur réaliste, la documentation est indispensable. Et la documentation peut simplement être la réalité observable. Sinon, il y a la photo. Ce qu’on appelle, professionnellement, le modèle du pauvre. Et les photos peuvent avoir diverses sources :

  1. la reproduction de photo dans un livre ou une revue ; ce qui implique parfois de remuer beaucoup de papier ;
  2. la recherche sur internet… Maintenant, puisque nous sommes au XXIe siècle. Y compris sur des sites d’agences et d’archives photographiques ;
  3. la prise de vue réelle. Car là, il n’y a pas à chercher, si ce n’est la pose. Et souvent, la prise de vue est demandée à la personne qui partage la vie de l’artiste… C’était mon cas !

 

Le choix d’une photo Polaroid

Recherches de Richard Martens. La photo "Polaroid" finale, pour la couverture de "La Mouche et l'araignée", roman policier de Frank Parrish, collection Série noire, 1987.
Recherches de Richard Martens. La photo « Polaroïd » finale, pour la couverture de « La Mouche et l’araignée », roman policier de Frank Parrish, collection Série noire, 1987.

Parmi les diverses variantes de prises de vues réalisées par ma compagne (merci à elle), j’ai opté pour la prise de vue, que vous voyez ci-dessus, car elle permet de montrer l’expression du personnage.

L’intérêt d’une photo ?

L’intérêt d’avoir un support photographique, voire plusieurs, c’est d’avoir des informations graphiques, visuelles précises, comme des plis de vêtements, des ombres et des lumières, etc.

Ce jour-là, j’avais mis une chemise à carreau brun-rouge, et ma vieille veste de treillis. Si j’ai les vêtements correspondant à ce que je veux, je les enfile. Sinon, je prends des habits aussi proches que possible de ce que je veux, et ensuite, je modifie, j’adapte. Une prochaine fois, j’illustrerai la chose, en montrant que j’ai transformé un gilet en laine en une armure, et un bonnet de laine en casque métallique, toujours à partir d’une photo Polaroid

 

Reproduction agrandie de l’original

Peinture de Richard Martens, pour la couverture de "La Mouche et l'araignée", roman policier de Frank Parrish, collection Série noire, 1987.
Peinture de Richard Martens, pour la couverture de « La Mouche et l’araignée », roman policier de Frank Parrish, collection Série noire, 1987.

Voici donc la reproduction de l’original. Il est ici très agrandi, puisqu’il mesure réellement… 7 cm de diamètre !

Le fond du cercle, en bleu-violet, a été réalisé à l’aérographe (une sorte de pistolet à peindre “miniature”), avec de l’encre acrylique.

La réalisation du personnage est faite à l’acrylique “aquarellée”, c’est-à-dire avec une peinture acrylique très diluée, utilisée comme de l’aquarelle. Et avec un pinceau fin. C’est en posant la couleur par petits coups de pinceau que je réalise le modelé, au fur et à mesure. Vous aurez compris que c’est un type de peinture qui va de pair avec la patience.

 

Un détail en gros plan

Détail de la peinture de Richard Martens, pour la couverture de "La Mouche et l'araignée", roman policier de Frank Parrish, collection Série noire, 1987.
Détail de la peinture de Richard Martens, pour la couverture de « La Mouche et l’araignée », roman policier de Frank Parrish, collection Série noire, 1987.

Ce détail, fortement grossit, de cette peinture à l’acrylique, permet de mieux voir les “coups” de pinceau et les fondus.

J’ai décidé de ne pas utiliser du noir pour les ombres, typique de la façon de peindre de Léonard de Vinci, et, un siècle plus tard ou presque, par Le Caravage, puis les caravagistes.

De même, je n’ai pas utilisé les couleurs complémentaires pour assombrir les couleurs.

Pour cette peinture, j’ai opté pour des couleurs très diluées, et pour créer les ombres, j’ai fait, comme au moyen-âge, en utilisant les couleurs plus vives, plus intenses. D’où les “coups” de pinceau plus nombreux pour “assombrir”

 

Le tirage ou couverture imprimée

Couverture illustrée par Richard Martens du roman policier de Frank Parrish, "La mouche et l'araignée", parue chez Gallimard, collection Série noire, en 1987.
Couverture illustrée par Richard Martens du roman policier de Frank Parrish, « La mouche et l’araignée », parue chez Gallimard, collection Série noire, en 1987.

Et pour replacer cette peinture dans son “objectif”, qui, je le rappelle, était d’illustrer la couverture d’un roman policier, je replace la reproduction de ce qu’on nomme un tirage, c’est-à-dire la reproduction de la couverture imprimée. Car le but d’une illustration, c’est de mettre une image au service d’un texte, d’une idée…

 

Voilà pour cette approche de l’illustration et de la photo. Je reviendrai sur ce sujet…

 

Que pensez-vous de ces deux articles ? Vous ont-ils aidé ? Merci de prendre le temps de répondre ci-dessous… Et aussi de partager cet article.

Richard Martens

Texte version 2.0. Refonte de cet article pour cause de piratage…


Notes

Comme d’habitude, voici les liens de l’article, au cas où ils seraient brisés dans le corps de l’article… Si c’est le cas, il vous suffit de faire un copier-coller de l’un des liens ci-dessous, et de le coller dans la barre de votre navigateur…

  1.  Je ne mets pas un “s” à Polaroïd, puisque c’est un nom propre de marque… Pour les personnes qui l’ignore, cet appareil Polaroïd permettait de faire des photos à développement quasi instantané. Voici deux liens pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Appareil_photographique_instantan%C3%A9, d’une part, et d’autre part : http://fr.wikipedia.org/wiki/Polaroid_Corporation
  2. Là aussi, deux liens : le site officiel, celui des éditions Gallimard : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Serie-Noire, et, comme souvent, le site de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9rie_noire à vérifier, s’il a été modéré ? (;-{D}

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